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Témoignages

Le Finistère possède un lien historique avec Diego-Suarez ! A titre d’exemple, je citerais l’association « Brest – Diego », présente depuis la fin de l’époque coloniale. C’est une histoire je disais, mais aussi des caractéristiques communes : l’importance de l’agriculture, de la pêche, de la mer. Un territoire à la fois urbain avec Brest et Diego et rural également. Mais l’humain est toujours au cœur de tout.

1/Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Michael QUERNEZ, 1er Vice-président du Département du Finistère, chargé de l’Insertion et de l’Economie. Je suis également Maire de la commune de Quimperlé, commune de 12 000 habitants.

2 / Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la coopération décentralisée ?

Le département du Finistère possède une histoire particulière. C’est un pays maritime. Les hommes qui le peuplent ont beaucoup navigué, sur toutes les mers du monde. Et puis, il y a Brest, c’est la défense, c’est la marine nationale. Il existe donc une tradition d’ouverture sur le monde, bretonne, finistérienne.

Le département du Finistère est nourri de ces échanges. Dans notre département, une cinquantaine d’associations agissent à l’international et les élus s’emparent et participent également de ces dynamiques, parce qu’avant d’être des élus, ce sont bien entendu des citoyens. Ainsi, ils apportent leur contribution au développement des territoires qui le souhaitent.

C’est donc également une question d’élus qui s’engagent.

Depuis 10 ans, il existe un protocole d’accord avec la Région Diana. Le Finistère possède un lien historique avec Diego-Suarez ! A titre d’exemple, je citerais l’association « Brest – Diego », présente depuis la fin de l’époque coloniale. C’est une histoire je disais, mais aussi des caractéristiques communes : l’importance de l’agriculture, de la pêche, de la mer. Un territoire à la fois urbain avec Brest et Diego et rural également. Mais l’humain est toujours au cœur de tout.

3 / Pouvez-vous présenter succinctement le territoire avec lequel vous êtes en partenariat ?

Au niveau du développement de la Région Diana, ses enjeux de protection de la mer, du littoral, de la biodiversité, sont des problématiques nous rassemblent. Le parc naturel régional d’Armorique, le parc naturel marin Iroise peuvent constituer dans ce cadre des acteurs essentiels. Ce, en plus des enjeux touristiques, car comme le Finistère, nombreuses sont en Région Diana les richesses naturelles.

Lorsque l’on parle du Finistère, ce que l’on note généralement au niveau touristique, c’est les qualités des paysages. Donc, ces territoires rassemblent des spécificités connues et des enjeux de développement commun. Cette coopération reprend donc une même approche, une même volonté et de mêmes difficultés exprimées. L’essentiel étant de promouvoir un développement soutenable et surtout qui profite à la population.

Madagascar demeure l’une des terres les plus pauvres au monde, et engage une politique de développement soucieuse des territoires et des populations. Nous développons donc des actions tournées vers les territoires et les populations.

4 / Depuis quand votre territoire est en coopération avec la Région Diana ?

Comme je le disais, depuis 10 ans environ. Et cette coopération possède un contenu, qui est matérialisé par une convention. Pour nous, il est important d’être présent. Il s’agit d’ailleurs d’une présence quotidienne, physique et dans la durée. C’est aussi cette présence qui permet la réussite de la coopération et l’accompagnement des projets locaux. De toute façon, il n’est pas question d’engager des choses sans soutient localement. Et c’est permis une présence physique réelle et marquée.

5 / Quelles sont les raisons de votre présence sur place ?

Aujourd’hui, il s’agit d’une mission politique. Notre objectif est d’évaluer l’état d’avancement de la coopération. Dans la nouvelle organisation politique découlant de la Loi NOTRe, le département ne possède plus de compétence générale. Se pose donc la question de notre capacité à agir.

En effet, il existe un contexte national et départemental particulier, mais il demeure également une volonté de réaffirmer la présence du Finistère en Région Diana et d’entendre les acteurs locaux.

La richesse et l’importance de cette coopération d’ailleurs, c’est les partenaires, structures, avec lesquelles nous pouvons travailler. Nous ne sommes pas seuls et loin de là. Je pense au conservatoire du littoral. Et puis à d’autres coopérations, la GIZ,  le programme PIC2. Il s’agit de partenaires multiples et cela permet parfois de mobiliser des fonds européens avec cette volonté de fond que l’Europe puisse aussi agir, c’est important pour nous, une question de responsabilité.

Le Finistère apporte globalement de la cohérence aux actions développées par les nombreux partenaires du département, et permet d’agréger des fonds pour agir sur le territoire.

6 / Qu’est-ce que la coopération décentralisée pour vous ?

Il s’agit pour moi d’accompagner les projets de développement des territoires qui en expriment le besoin. Ce dans le respect des demandes effectuées. Et donc de répondre positivement ou non aux sollicitations. Il faut pouvoir dire non d’ailleurs. Parce que ça ne correspond pas à notre volonté propre par exemple. C’est aussi une question des valeurs.

Nous tenons à cette coopération riche au Finistère, pour laquelle il nous faut composer avec la dynamique associative, penser au lien social, avec au cœur cette mission de sensibilisation des jeunes à cette forme d’investissement et d’ouverture. Il s’agit d’un enjeu important pour la coopération, pour prendre le relais des associations nombreuses qui connaissent des crises de vocation actuellement, bien que les jeunes en partagent les valeurs.

Et pour cela, une porte d’entrée peut-être les collèges, avec la volonté d’apprendre, de partager les enjeux, sensibiliser les jeunes à ces problèmes pour leur permettre de devenir de futurs citoyens prêts à agir. Ainsi, la jeunesse va devenir un axe majeur de notre coopération.

Et puis cette coopération c’est également des retours avec des malgaches qui viennent et apprennent au sein du département. La coopération, c’est agir ensemble. Le Finistère est lui aussi bénéficiaire.

7 / Comment sont définis les axes de partenariats privilégiés au sein de votre collectivité ?

Comme en témoigne la réunion présidée par le Chef de Région Diana de ce matin, il s’agit d’un protocole partagé. Il y a eu des demandes, des réponses, en un mot un dialogue. Bien que l’on ne puisse apporter de réponses immédiates sur tout, qui, d’ailleurs, ne seraient pas respectueuses. Quand nous disons oui, nous disons oui et comment nous comptons nous y prendre. Ainsi, dire non c’est aussi une marque de respect.

8 / A travers ces partenariats, quelles sont les valeurs que vous souhaitez défendre ?

Notre 1er objectif est d’accompagner le développement souhaité et possible de ce territoire, et l’accompagner concrètement sur la durée. Notre coopération ne mobilise pas des flux financiers importants. Certes, il s’agit de concessions déjà notables, mais essentielles pour permettre à des projets de se développer.

Dans tous les cas, nous cherchons comment atteindre l’autonomie. Accompagner, mais se retirer petit à petit. L’idée c’est que les partenaires puissent atteindre un autre degré d’autonomie.

Nous essayons de faire face à certains défis. Mais il y a également des enjeux qui nous dépassent totalement par ce qu’à l’échelle d’un département, nous n’avons pas les moyens. Ces enjeux interpellent l’Europe, les gouvernements. A mon sens, chacun doit rester à sa place.

9 / Qu’est-ce que vous souhaiteriez dire aux autres collectivités ?

Je souhaiterais les interpeller sur les valeurs qui fondent l’engagement public. La coopération c’est une richesse humainement, c’est important de la préserver. De pousser à ce que les agents s’engagent.

En France, on se pose beaucoup de questions sur notre capacité à agir. Par exemple, au niveau du Finistère, nous arrêtons la coopération avec le Chili. Parce que nous estimons arriver à un moment où nous ne sommes plus essentiels, que le pays entre dans une phase de développement.

Globalement, c’est toujours difficile de faire des choix. Mais il ne faut pas que la coopération soit la variable d’ajustement de notre politique. Ca ne met pas en péril les budgets ! Pour le Finistère, ça représente un budget global d’environ 300 000€, dont 120 000€ pour Madagascar. Sur un budget d’environ 1 milliards d’€, 0,03% sont affectés à l’international. On voit bien que l’on peut conserver une politique efficace en dépit des sommes allouées à l’international !

Quernez Michael
France